Regards sur la collection EXPRIM’
Julia Kino et Anne Mulpas
Dans la collection Exprim’ aux éditions Sarbacane

Rivaliser avec toute cette “nouvelle” vague de “nouvelles” collections qui déferlent actuellement et qui veulent toutes être différentes, n’est pas chose facile… Sans parler de ces “nouveaux” éditeurs qui suivent le mouvement et plongent, corps et âmes, dans le fantasy (ça y est je l’ai dit, le mot tabou !) D’accord, mais encore faut-il faire primer la qualité. Et c’est là que la collection Exprim’ réussit plutôt bien pour l’instant en proposant une certaine ouverture d’esprit et en explosant les limites d’une littérature pour adolescents conventionnelle. Déjà quelques titres disponibles en librairie depuis novembre 2006, et bientôt les trois petits derniers pour la rentrée, en septembre, que nous attendons donc, avec impatience !
Recommended by Elodie
- Adieu la chair : “Les jours cliquetaient comme des dominos, jour - nuit - jour - nuit - jour - nuit - jour - nuit, le crépuscule et l’aube, l’aube !” (…)
Et l’aube se lève sur “Here”, ici, comme partout ailleurs. Suivi du crépuscule, maculant de son ombre insidieuse six adolescents à la dérive, doucement, lentement… Et les six jeunes “cow-boys” glissent avec elle le long de la ville. Et puis commence, le carnaval. Avec ses loups et ses noms d’occasion, parce qu’au fond, ça n’a pas d’importance… Le gang des six cow-boys s’élance dans une cavale sanglante. Un homme meurt, un soir, dans un parc : d’un coup sur la tête, il s’effondre et se retrouve plus tard, gisant au fond de l’eau. C’était peut-être son heure, c’était peut-être leurs tours, à tous.
Et puis, c’est comme une évidence, tuer devient aussi simple et cohérent que d’aller acheter des croissants le matin, prendre un bain, boire du café, respirer… Chacun allonge à sa manière, ils étranglent, assoment, appuient sur la gâchette ou plantent les lames rouillées… Mais bientôt il faut fuir, des fois que les corps remonteraient à la surface, des fois que les cadavres se mettraient à parler.
Avec l’argent des morts, ils montent dans un train… Leur quête s’arrête à Budapest, où ils leur faudra explorer encore un peu, au fond d’eux-mêmes. Budapest, en souvenir de leur café du même nom, peut-être, on ne sait pas trop… Comme on ne sait pas non plus, ce qui ce passe dans leurs têtes. Ils agissent, c’est tout. Sans regret, sans justification et sans appel.
Et puis, un jour, les cow-boys descendent de leurs montures… Et chacun, tour à tour, pose le pied à terre pour mieux continuer à vivre, encore. Parce qu’il le faut. Le gang ainsi disloqué, il ne restait plus qu’elle, la dernière “cow-girl”, qui vide son sac et décharge son flingue (…)
Les phrases sont courtes, choisies. Et les mots périlleux, en équilibre… Mais sous ses allures de road-movie, il n’y a pas de motos ni d’alcool, peut-être un peu de rock’n roll, juste ce qu’il faut, pour la beauté des paroles. Et quelques références de littérature aussi, pour le ton. Pas de drogues non plus, excepté peut-être les cigarettes pour se garder une contenance dans cette recherche de sens (…)
Premier roman de Julia Kino, dans la collection Exprim aux éditions Sarbacane. Premier roman d’une jeune auteure de 20 ans, à côté duquel vous pourriez passer, complètement. Premier roman, sincère et honnête qui oscille entre une poésie farouche et une curieuse maturité… Et peut-être que certains le taxeront de “roman délinquant”, je répondrais plutôt “roman délicat”. D’autres le trouveront carrément amoral parce qu’il cherche à corrompre, c’est vrai, une certaine idée de, la littérature pour adolescents (…) Tant mieux !
***
Recommended by Evelyne
- La fille du papillon : “Ce n’est pas un banal coup de foudre, ce n’est pas une bête histoire d’amour. Non, non et non. C’est autre chose…!”
Voilà ce qu’écrit Solveig dans son journal lorsqu’elle rencontre le garçon qu’elle baptise d’emblée “le Monde”. Elle y raconte le quotidien avec son père coureur de jupons ( le papillon du titre), la relation très forte avec sa meilleure amie “la Ni”, l’attente des venues du Monde qui habite la ville à côté et la douleur ressentie depuis la mort de sa mère. Qu’elle le provoque ou non, tout est hésitation et conflit dans la vie de Solveig. Elle teste sans cesse les limites de ses proches, va jusqu’à fuguer, se saouler pour finalement retrouver un semblant d’équilibre auprès des siens et une deuxième chance avec “le Monde”. Le journal de Solveig -qu’elle rédige sur son ordinateur- oscille entre récit classique et exclamations romantiques en passant par la transcription de SMS et de poèmes en vers libres. Un mélange tout à fait efficace pour traduire la personnalité changeante et expansive de l’adolescente et explorer ses sentiments.
Un ouvrage, déjà repris dans la sélection 2008 du prix Farniente, et qui y trouve très justement sa place.
***
Clin d’oeil également pour la couverture réalisée par “autrement le design” (notamment responsables de l’indentité graphique de Zadig & Voltaire, etc.) qui signe un travail soigné et sensible (…)
Pour plus d’informations sur autrement le design
- Uncategorized
WordPress database error: [Table 'filijeunes.wp_post2cat' doesn't exist]
SELECT post_id, category_id FROM wp_post2cat WHERE post_id IN (65) - Comments(0)
