Un film de Michael Arias,
D’après le manga culte de Taiyo Matsumoto
Aux Editions Tonkam

REZO FILMS
29, rue de Faubourg Poissonnière
75009 Paris
www.rezofilms.com

Recommended by Elodie
14 Mai 2007, Bruxelles. La voilà, la tant-attendue semaine de vacances ! Evidemment, le temps n’est pas au beau fixe, il a même grélé avant-hier, cette bonne vieille planète est complètement détraquée. Que faire ? (…) En attendant de voir les Pays-Bas et la Belgique ensevelis par des litres et des litres de flotte et de tous nous voir nous asphyxier à petit feu, allons à Paris ! (…) Mon amie Claire me dit : « Il faut absolument qu’on aille voir AMER BETON ! (…) Tu verras, c’est beau ! »
À savoir que quand Claire dit « c’est beau ! » Wouah ! C’est quelque chose !
Nous allons donc voir « Amer Beton » ! Claire me prête sa paire de lunettes (ayant oublié les miennes chez des amis où nous logeons, dans le 5ème… J’en pleurais presque). Nous n’avons pas tout à fait la même correction mais je ne peux me résoudre à visionner ce film en japonais si je peine à lire les sous-titres (…) Le degré de motivation de mon amie est telle qu’elle se sacrifie pour ma maigre myopie. Nous avons choisi la séance de 9h 15 au matin, il n’y a pas grand monde dans ce grand complexe commercial des « Halles » où le cinéma reste aussi introuvable que les distributeurs de billets* (…)
Amer est le béton de « Treasure Town » le quartier des deux frères : « Blanc » et « Noir ». Surnommés « Les Chats », ces deux gamins de la rue vivent dans un squat (qui n’est autre qu’une vieille bagnole défoncée) et s’amusent à défier une bande de Yakusas qui comptent bien s’imposer comme les nouveaux leaders du secteur. Noir, le plus âgé, à un goût prononcé pour le sang et sème la panique auprès des gosses du quartier, de la police et des Yakusas eux-mêmes. Blanc, son petit frère, tout en sourires et en espièglerie, est encore profondément ancré dans le monde de l’enfance, là où la vie est simple et légère comme un jeu de cartes, belle et colorée comme des pastels et des bonnets à têtes d’animaux (…) Débordant d’énergie créatrice et de lucidité face au monde cruel qui l’entoure, à un Tokyo vertigineux et grotesque à la fois, Blanc est le plus clairvoyant des deux fères, et pour cause, Noir est rongé par son démon intérieur, un minotaure hideux, qui l’empêche d’être un meilleur protecteur pour Blanc (…)
Ce film est, avant tout, une magnifique illustration des relations filiales, je parle de cette rare complémentarité qui unissent deux êtres au-delà des mots, au-delà de la compréhension et de la raison. Quand deux frères sont liés l’un à l’autre, comme le blanc et le noir, le bien et le mal (…) Et puis, ce film est aussi un thriller passionnant et humain dans un Tokyo menaçant et envoûtant à la fois. À l’encontre de cette « tapée » de mangas ultra-complexes aux intrigues nébuleuses, la trame scénaristique est limpide et reste donc à la portée de tous, on s’attache aux personnages à la première seconde et on ne voit pas passer les 6660 suivantes (soit 111 minutes, presque 2 heures de plaisir visuel et psychique).
D’un graphisme atypique qui n’est pas sans rappeler « Tokyo Godfathers » (de Satoshi Kon), cette fable plutôt intimiste reste finalement assez proche du très singulier « Tombeau des Lucioles » (de Isao Takahata) du point de vue de la relation frère-soeur. Enfin, pardonnez-moi cette très hasardeuse comparaison, car « Amer Beton » n’a absolument rien à envier à ces prédécesseurs (…)
- Voir aussi l’article de Claire, sur le site de Filigranes !
(*private joke)